| Elections régionales, suite: l'absention record des quartiers populaires |
En regardant de plus près les résultats des élections régionales, on se
rend compte de la très forte abstention des quartiers populaires. Sur
le secteur de Pau, par exemple, les électeurs des quartiers de
Saragosse et de l'Ousse des Bois se sont abstenus à 60%, soit 10 points
de plus que la moyenne nationale...
Comment expliquer un tel
fossé avec la vie démocratique de notre pays ? Comment éviter qu'une
partie de la France se retrouve en dehors de la République, se sente
abandonnée ?
Bien sûr, la crise que nous traversons aggrave la
situation ; mais le mal est, me semble-t-il, plus profond. La fracture
sociale qui avait été analysée par Jacques Chirac n'a pas été
suffisamment traitée : aujourd'hui, 15 ans après le diagnostic, elle se
double d'une fracture démocratique. Les liens qui nous unissent et qui
font que nous nous sentons Français sont en train de s'affaiblir.
Aux
difficultés sociales et économiques présentes dans ces quartiers
(chômage des jeunes, familles mono-parentales, etc.) s'est ajoutée une
perte de confiance dans le personnel politique. Les raisons sont
multiples, mais on peut citer le manque de représentativité, le manque
de travail de terrain dans les quartiers, le faible renouvellement des
élus et la ressemblance des programmes et des discours.
La politique apparaît comme un job de professionnel, un domaine réservé difficilement compréhensible par le commun des mortels.
Pour
recréer cette confiance entre politiques et citoyens, un immense
travail d'écoute et de compréhension reste à faire. Il y a aussi une
exigence de résultats. Les prochaines élections, notamment cantonales
en 2011, seront particulièrement importantes car c'est notre cohésion
nationale, cette capacité à vivre ensemble, qui se jouera dans les
années à venir.
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